« On a senti un intérêt de tout le monde pour la Süper Lig. C’est un pays de football qui se développe, avec les droits TV, beIN Sports qui diffuse les matches. Tout ça nous a plu » Kevin Ménez

Le besiktas l’a fait. En arrachant le match nul face au FC Porto la semaine dernière (1-1), le club stambouliote a validé son ticket pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions pour la première fois de son histoire. Une belle performance pour l’écurie turque, déjà quart de finaliste de la dernière édition de la Ligue Europa, faut-il le rappeler. Ce résultat s’inscrit dans une belle dynamique pour la D1 turque plus connue sous le nom de Süper Lig, laquelle fait désormais saliver les footballeurs… et les agents de joueurs.

Samir Nasri, Bafétimbi Gomis, Jérémy Ménez, Mathieu Valbuena, Younès Belhanda, Pepe, Mauricio Isla, Nabil Dirar, Jires Kembo Ekoko, mais aussi Aly Cissokho, Gaël Clichy, William Vainqueur, Mevlut Erding, Cédric Carrasso, des coaches comme Paul Le Guen ou Leonardo… Tous ont cet été rallié la Süper Lig, preuve d’un engouement nouveau pour ce championnat.

Alors, comment la Süper Lig a-t-elle fait pour franchir un cap ? Pourquoi les joueurs français sont-ils séduits par le championnat de turquie de football ? Est-ce le début d’une grande aventure pour la Süper Lig ? Pour agentfootball.fr, Issam Chebake, qui a signé à l’été à Yeni Malatyaspor, et Kevin Ménez, dont le frère Jérémy évolue à Antalyaspor, donnent quelques éléments de réponse.

Issam, pour commencer, pourriez-vous nous expliquer comment et pourquoi êtes-vous allé en Süper Lig ?

Cet été, Issam Chebake et Khalid Boutaib ont quitté la France pour rejoindre la Süper Lig.

Cet été, Issam Chebake et Khalid Boutaib ont quitté la France pour rejoindre la Süper Lig.

« Ma dernière saison au Havre était la troisième. J’arrivais sur une fin de cycle et j’avais envie de voir autre chose. J’ai passé trois magnifiques saisons là-bas avec des gens formidables que je remercie d’ailleurs. Mais quand vous êtes compétiteur comme moi, vous avez envie d’aller voir ce qu’il se passe au-dessus.

La Turquie m’a ouvert les bras et je ne pouvais pas refuser. C’est un pays qui respire le foot et jouer dans un championnat de première division était pour moi un objectif ».

Concrètement, quels sont les atouts de la Süper Lig ?

« Ses atouts ? Eh bien, je dirais la compétitivité du championnat qui commence à être de plus en plus attractif, l’engouement, les ambiances des stades, et des salaires plus intéressants ».

«Sans risque, aujourd’hui, je n’en serais jamais arrivé à jouer dans un club de première division dans un championnat européen.» Issam Chebake

Samuel Eto'o, un visage majeur de la Süper Lig.

Samuel Eto’o, un visage majeur de la Süper Lig.

Estimez-vous que le Championnat de Turquie de football peut devenir une nouvelle place forte pour les français qui veulent aller à l’étranger ?

« Tout à fait. La Süper Lig attire de grands joueurs et est retransmis même en France. Il y a aussi de grands clubs qui, même sur le plan européen, sont compétitifs ».

Quels conseils et avis donneriez-vous à un joueur qui hésiterait à venir dans ce championnat ?

« Ce que je pourrais dire, c’est que dans la vie il faut prendre des risques. Ca ne fait qu’enrichir ton expérience, quoi qu’il arrive. Sans risque, aujourd’hui, je n’en serais jamais arrivé à jouer dans un club de première division dans un championnat européen ».

Kevin, votre frère Jérémy Ménez a de son côté signé à Antalyaspor. Pourquoi ce choix?

Jérémy Ménez et Samir Nasri ont eux aussi rallié la Süper Lig.

Jérémy Ménez et Samir Nasri ont eux aussi rallié la Süper Lig.

« Ce choix s’est fait assez naturellement. Le président et son bras droit sont venus me voir à Monaco. On a échangé, ils m’ont expliqué le projet du club, ce qu’ils voulaient faire. On s’est déplacé là-bas, on a visité les installations, on a vu un stade neuf, un camp d’entraînement neuf, etc. Le projet est bon, Jérémy marche à l’affectif, et ce projet lui plaisait énormément. On voyait aussi les francophones partir là-bas, on a senti un intérêt de tout le monde pour la Süper Lig. C’est un pays de football qui se développe, avec les droits TV, beIN Sports qui diffuse les matches. Tout ça nous a plu ».

Selon vous, quelle place peut obtenir la Süper Lig à l’échelle européenne à l’avenir ?

« On voit Besiktas faire des résultats en Ligue des Champions, Galatasaray et Fenerbahçe toujours là, des petits clubs qui ont plus de moyens grâce aux droits TV. Aujourd’hui, on ne va pas se le cacher, en termes de fiscalité la Turquie est très avantageuse par rapport à la France et d’autres pays. Tout ça fait que ce championnat est à prendre en considération. C’est une ligue qui se développe et qui va attirer de plus en plus de grands joueurs. Il y en a déjà, mais je pense que ce n’est qu’un début ».

Agentfootball.fr remercie chaleureusement Issam Chebake et Kevin Ménez de nous avoir éclairé sur l’émergence de la D1 turque comme place forte du football européen.

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