« Je crois que le propre de Galère Football Club est la complémentarité. Je voulais mélanger les profils » Romain Molina

Le foot est (trop) souvent synonyme de strass, paillettes et liasses de billets. Mais derrière le foot business se cachent aussi de vraies galères. De nombreux footballeurs, englués dans les problèmes (blessure, dépression, problèmes financiers etc…), ont dû sacrifier leur carrière. C’est dans ces coulisses-là que nous emmène Romain Molina avec son ouvrage Galère Football Club.

Est-ce ce point commun qui a réuni Romain et la dizaine de joueurs qu’il a rencontrés au cours de son enquête ? Sans doute. Le portrait de ce journaliste atypique est d’ailleurs aussi intéressant que le parcours des joueurs dont il narre les aventures, beaucoup moins glorieuses que celle des Zidane, Messi, Cristiano et consort.

L’ouvrage « Galère Football Club » nous ouvre les yeux sur une autre facette du football. Agentfootball.fr a adoré et vous en parle à travers les mots de son auteur.

Galère Football Club : l'envers du décor du foot Business par Romain Molina

« Galère football club » de Romain Molina, publié chez Hugo Sport, 16,95€

Quel est votre parcours professionnel ? Atypique, visiblement…

« Il est un peu baroque, en effet ! A la base, je suis fils et petit-fils de primeurs. Je n’avais pas spécialement envie de reprendre l’affaire même si j’avoue que vendre des haricots verts, des avocats ou des ananas, c’est la meilleure formation possible pour faire journaliste. J’exagère à peine et je m’explique. Quand tu vois un potentiel client – sachant que je n’aime pas hurler comme un poissonnier des arcades de Malaga -, tu as seulement quelques dixièmes de seconde pour savoir comment l’aborder, sur quel ton et avec quel humour. Est-ce que tu peux le pousser à prendre davantage et si oui, quoi ? Tu dois te décider selon le faciès, les gestes, l’âge, la situation familiale, la manière de parler, si la personne est chargée… Cette ribambelle de petits détails est finalement une véritable approche humaine, sociale et psychologique. Or, quand tu arrives en interview, contrairement à ce qu’on peut t’apprendre ici et là, tu dois t’adapter à l’autre. Je pense qu’au final, avoir connu les marchés pendant des années et des années m’a beaucoup appris sur l’humain. Et, par ricochet, m’a aidé dans l’approche de mon métier ».

Quelle est votre expérience en tant que journaliste avant Galère Football Club ?

« J’ai eu la chance d’entrer par un stage à Basket News et Maxi Basket quand j’avais 19 ans. J’ai énormément appris d’un homme dans tout mon parcours : Fabien Friconnet. Il était rédacteur en chef à l’époque et c’était un personnage… Je crois que je me souviendrai toute ma vie de ces mois à se garer à la Montée de la Butte (au début, j’ai vraiment cru que je devais me garer à la « Montée de la pute », ce qui rajoute un côté baroque) à Lyon et bosser au sous-sol d’une petite maison, avec quelques appareils de muscu à côté. Vu qu’il y avait très peu d’espace, je devais parfois mettre mon PC sur mes jambes et utiliser le petit canapé. Au final, j’ai écouté et vu ce que faisait Fabien (et les autres, notamment Antoine Lessard) et ça m’a pas mal aidé, notamment pour simplifier les choses. La simplicité, dans n’importe quel domaine – et encore plus dans le sport -, c’est ce qu’il y a de plus dur. Il ne faut jamais forcer, il faut de la fluidité. Et pour terminer brièvement, j’ai ensuite crée Sharkfoot (site puis magazine en Suisse romande), j’ai tenu le blog Kick-Off sur L’Equipe.fr, réalisé une grosse enquête autour de Chancel Mbemba et du réseau Belgique-Congo pour CNN, etc. Tout en jouant au basket à un niveau semi-professionnel en Andalousie après avoir vécu en Ecosse. Sans compter que je suis international gibraltarien. Ce qui vous classe un homme sur l’échelle du Kamoulox ».

« Quelle rencontre m’a le plus marqué dans Galère Football club ? Jérémy Funes. C’est le galérien ultime ».

Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?

« Pour être franc, ce n’est même pas moi qui ai eu l’idée mais ça s’est fait après une discussion avec Bertrand Pirel, éditeur à Hugo Sports. C’était bienvenu car j’étais dans un léger tunnel. Je recevais une farandole de compliments mais concrètement, on ne me proposait rien. Alors que je pensais (et je pense toujours) réaliser un vrai travail de fond. Je ne me contente pas de servir une soupe ou de proposer un article classique. Je ne fais pas du journalisme de canapé ou de Wikipedia, ce qui est devenu une norme. Je vais me vanter un peu – mon égo me l’a demandé – mais tout mon réseau, tout mon carnet d’adresses, je l’ai fait seul. Mon chemin aussi.

Bref, après ce moment d’autopromotion, on a convenu avec Bertrand de faire un bouquin autour des galériens du football sur un mode d’entretiens intimistes à la première personne. C’est une manière de laisser réellement s’exprimer un joueur. Vu que ces derniers ne sont pas tellement médiatisés, il y a une spontanéité et une fraîcheur sans doute différente, comme chacune de leur histoire. Quelque part, c’est un hommage à eux, à tous ces gens essayant de vivre, ou plutôt de survivre, de leur passion. J’avais envie d’écrire quelque chose mettant en avant ma vision du métier et du sport aussi. C’est très con mais je ne pouvais pas ne pas publier quelque chose me ressemblant. Je n’ai jamais bossé pour de l’alimentaire. Je préfère encore retourner sur les marchés que d’écrire quelque chose ne me plaisant pas ».

Galère Football Club : l’envers du décor du foot Business.

Claude Gnakpa est le seul Français à avoir évolué en en première division Irakienne.

Y a-t-il une rencontre qui vous a le plus marqué ?

« Compliqué à dire car je n’aime pas retenir un joueur plus qu’un autre. Je crois que le propre de Galère Football Club est la complémentarité. Je voulais mélanger les profils, que ce soit au niveau des pays visités, des différentes galères (blessure, dépression, problème financier, de sécurité…) et des composantes du métier de footballeur. Mais allez, on va dire Claude Gnakpa (passé par le centre de formation de Montpellier à connu la DH, le National, l’Espagne, la Suisse, l’Écosse, Israel et l’Irak) m’a marqué. Ce n’est pas tant pour sa vision de l’Irak, c’est avant tout pour son ouverture d’esprit, sa manière de voir les choses. Claude est comme un sage. Je vais aussi citer Jérémy Funes, c’est le galérien ultime. J’ai un énorme respect pour sa volonté, son optimisme, sa force de travail. Puis Christian Nadé pour la force des confessions, le charisme qu’il dégage ».

Romain Molina sur le web

Agentfootball.fr remercie chaleureusement Romain Molina pour sa participation. Pour suivre Romain, rendez-vous sur le blog de L’Équipe Magazine, KICK-OFF et sur Twitter

Se procurer l’ouvrage « Galère Football Club ».

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