À ce jour, la Fédération Française de Football comptabilise 3% de femmes agents de joueurs.

Rares sont les femmes qui exercent le métier d’agent sportif. Le grand public connaît deux femmes agents de joueurs : Jennifer Mendelewitsch et Sonia Souid, parce qu’elles sont assez médiatisées. Plus dans l’ombre, Daphnée Bravard n’en est pas moins ambitieuse: « J’aspire à intégrer le cartel des dix (premiers agents). Je veux faire partie de ce monde-là, mais avec mes valeurs ». D’ailleurs, le sujet évoqué est souvent le même : pourquoi sont-elles si peu nombreuses dans ce milieu ? Elles sont évidemment compétentes dans leur travail et reconnues pour leur sérieux et leur intégrité mais elles dénotent forcément dans un milieu ultra-masculin.

Au 1er avril 2016, le site de la Fédération française de football recense 360 agents licenciés, dont… 12 femmes. Soit un tout petit 3% de représentantes féminines dans le métier. L’an dernier, 15 candidates à la fameuse licence étaient inscrites à l’École des Agents de Joueurs de Football mais aucune d’entre elles n’est parvenue à franchir la deuxième étape, l’épreuve spécifique.

Les femmes agents de joueurs sont-elles l’avenir de la profession ou les sportifs auront-ils toujours tendance à privilégier un homme pour les conseiller dans leur carrière ? Agentfootball.fr brise quelques clichés qui justifieraient le manque de présence féminine chez les agents sportifs.

Pourquoi y a-t-il peu de femmes agents de joueurs ?

Le football français compte désormais deux directrices générales de club professionnel. Pauline Gamerre pour le Red Star et Hélène Schrub pour le FC Metz.

1 – Les joueurs veulent parler foot avec des hommes

De 4-3-3, peut-être. Mais quand il s’agit des affaires, c’est différent. Les femmes sont très bonnes négociatrices. Saviez-vous que l’une des personnes les plus influentes du football européen est une femme ?

Arrivée en 2010 au sein du club de Chelsea en tant que conseillère de Roman Abramovitch, Marina Granovskaia détenait auparavant le même rôle au sein des affaires professionnelles russes du propriétaire du club londonien. Il a fait venir Granovskaia pour ses larges capacités en termes de négociations. Elle s’occupe aujourd’hui des opérations de transferts de Chelsea tout en surveillant de près la masse salariale du club.

En France, il y a bien sûr l’exemple de Margarita Louis-Dreyfus, propriétaire du club de l’OM depuis le décès de son mari, Robert, en 2009. Et celui, moins connu mais plus explicite, de Pauline Gamerre, directrice générale du Red Star, l’une des deux femmes à la tête d’un club figurant parmi les trois premières divisions de foot masculin français.

2 – Le foot est un sport de machos

Prenons les chiffres, qui parlent d’eux-mêmes: le football est le sport qui compte la plus faible proportion de licenciées féminines (4,1%), devant le rugby (4,7%). Ensuite, on ne va pas recenser tous les dérapages entendus sur le terrain footballistique, ils sont trop nombreux. Rappelons juste cette formidable sortie de Bernard Lacombe, conseiller du président de l’olympique Lyonnais, qui avait refusé de répondre à une auditrice de RMC parce qu’il «ne discute pas avec les femmes de football» et que celles-ci devraient plutôt retourner « à leurs casseroles ». Le chemin est encore long…

Mais c’est le sport dans son ensemble qui est macho. Même au XXIè siècle, les mentalités n’évoluent pas dans le bon sens. Pour autant, on ne peut pas affirmer que les hommes qui composent la majorité de ce sport, s’entendent tous à merveille. Il y a des luttes d’influence, de pouvoir, de compétences, et surtout d’égos… Et dans ce microcosme à forte odeur de testostérone, les femmes ont leur carte à jouer. Elles représentent la douceur (qui n’est pas forcément dénuée de fermeté !), la diplomatie et le tact. Quand on a une femme dans son équipe, on a tout compris !

Saviez-vous que l’une des personnes les plus influentes du football européen est une femme ?

3 – La parité n’existe pas dans le foot

Moins médiatisées, moins bien payées, moins bien choyées par les sponsors: les footballeuses sont encore largement en retrait de leurs homologues masculins. A titre d’exemple, les Bleues gagnent en moyenne entre 1500 et 2000 euros par mois, contre 42.000 euros (en moyenne) pour un joueur de Ligue 1, qui n’est donc pas forcément international.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux permettent aux joueuses de l’équipe de France de communiquer avec le grand public. Elles tentent de combler le manque de médiatisation en intervenant directement auprès des fans de foot.

Certains sports, comme le tennis, essayent de se démarquer en se rapprochant le plus possible de la parité. Depuis quelques années, les tournois de Roland-Garros et de Wimbledon distribuent les mêmes gains pour les hommes et les femmes, soit environ 1,2 million d’euros pour les vainqueurs.

Le foot arrivera-t-il un jour à ce type de constat ? Si la parité n’existe pas sur le terrain, pourquoi existerait-elle chez les agents sportifs ? 3% des agents qui possèdent la licence d’agent sportif FFF sont donc des femmes. Faut-il voir ce chiffre comme un début ou l’évolution est-elle biaisée d’avance ? Comme partout, les femmes doivent s’imposer et faire leurs preuves. Elles ont toute leur place dans le milieu des agents.

Avoir joué au foot ne suffit pourtant pas à faire un bon agent…

4 – Il vaut mieux être un ancien footballeur

« Je sais où trouver la motivation interne du joueur (…) Je sais que j’ai les bons arguments parce que j’ai vécu ces situations à plusieurs reprises dans ma carrière. Je m’appuie sur mon expérience pour accompagner les joueurs », nous confiait Fernando D’Amico, ancien joueur du Losc, dans une précédente interview. Les anciens joueurs pros ont effectivement cette expérience qui leur permet de comprendre plus rapidement les besoins des sportifs dont ils s’occupent. C’est sans doute une piste à explorer pour les anciennes footballeuses, même si on a plutôt tendance à les retrouver sur les chaînes télé.

Avoir joué au foot ne suffit pourtant pas à faire un bon agent. Déjà, ils sont finalement peu nombreux à s’être lancés dans le métier après leur carrière de footballeur. Les agents plus connus ne sont pas d’anciens footballeurs professionnels. Alors, pourquoi pas une femme ? Une femme qui baigne dans le monde du foot depuis longtemps, ou qui s’est construit un solide réseau dans le milieu, peut posséder suffisamment d’empathie, de connaissance et de compétences pour exercer le métier d’agent sportif.

Pourquoi y a-t-il peu de femmes agents de joueurs ?

 » C’est l’ambition qui m’a toujours portée « , a déclaré Sonia Souid, l’une des femmes agents de joueurs dans les colonnes de l’Équipe.

5 – Une agent est une mère potentielle

« On ne peut pas te confier de responsabilités au sein de l’entreprise car, tôt ou tard, tu feras des enfants » : dite de vive voix ou suggérée, cette phrase n’est pas inconnue de la plupart des femmes qui travaillent. Quant à celles qui ont vécu une grossesse durant leur carrière professionnelle, 49% pensent que concilier les deux est une difficulté. Comme pour les hommes qui exercent le métier d’agent, il s’agit pourtant d’une question d’organisation.

Les déplacements sont nombreux, les week-ends quasi-inexistants. Mais cela ne signifie pas qu’il est impossible de concilier son métier et sa vie de mère. Aujourd’hui, la question de privilégier sa carrière ou sa famille ne se pose plus vraiment en termes négatifs pour une femme. C’est une décision qui doit se prendre à deux, après discussion au sein du couple. Ce qui permet une meilleure organisation.

L’interview de Stéphanie, aspirante agent de joueurs

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