«  Avez-vous seulement pensé que la Chinese Super League possède déjà plus de stars que la Ligue 1 ? »

Cela ne vous a pas échappé : il ne se passe pas un jour sans qu’un joueur réputé prenne la direction de la Chinese Super League. Jusqu’à la clôture du mercato européen, le 2 février dernier, de nombreux joueurs ont sauté le pas. A coups de millions d’euros de transferts et de salaires, la Chine entend se faire un nom sur la scène mondiale du football, et vite. Parmi les nouvelles stars de la Chinese Super League : Jackson Martinez de l’Atlético de Madrid (42 millions d’euros), Gervinho de l’AS Roma (18 millions), Ramires de Chelsea (30 millions), Freddy Guarin de l’Inter Milan (13 millions) ou encore Alex Teixeira du Shakhtar Donetsk (50 millions). L’agent de joueurs, Jorge Mendes s’est également fixé pour objectif de conquérir la Chine (lire notre article).

Mais ce n’est pas terminé : le marché de la Chinese Super League prendra fin le 26 février prochain. En attendant, les clubs de l’Empire levant ont tout loisir d’attirer des stars dans leurs filets. Le dernier en date ? Le Parisien Ezequiel Lavezzi, qui s’est finalement engagé au Hebei China Fortune, alors qu’il était courtisé par le Shanghaï Greenland Shenhua, l’ancien club de Francis Gillot (lire notre interview).

Alors pourquoi la Chine est-elle la principale animatrice du marché hivernal ? Pour son attractivité financière, oui. Mais pas seulement. Les infrastructures et le niveau intrinsèque du championnat ne sont pas étrangères à ce regain d’intérêt pour la Chine. Preuve que le projet chinois est à prendre très au sérieux : des gros clubs comme Arsenal, la Juventus ou la Roma lui font les yeux doux pour développer leur business.

Agentfootball.fr fait le point sur la folie de la Chinese Super League.

ela ne vous a pas échappé : il ne se passe pas un jour sans qu’un joueur réputé prenne la direction de la Chinese Super League.

La Roma et son maillot spécial nouvel an chinois lors du match face à la Sampdoria.

1 – La Chinese Super League mieux que la Ligue 1 ?

On imagine déjà les sarcasmes de certains observateurs avertis du foot, dénigrant le niveau du championnat chinois. Avez-vous seulement pensé qu’avec la seule liste non exhaustive des joueurs arrivés sur le sol chinois le mois dernier (voir plus haut), la Chinese Super League possède déjà plus de stars que la Ligue 1 ? Et ce n’est peut-être pas fini. Yaya Touré sera-t-il le prochain ? L’Ivoirien pourrait en effet évoluer à Jiangsu Suning l’an prochain pour la modique somme de 35 millions d’euros annuels.

Sur Twitter, FIFA.com version française a posé la question « avec les arrivées de Gervinho, Ramires et Martinez en Chine, comptez-vous suivre ce championnat ? ». Parmi les réponses, encore quelques moqueries mais elles sont de plus en plus rares. Les internautes préfèrent souligner que « là-bas au moins, les stades sont pleins » et font même remarquer que « pour le suivre, il faudrait d’abord que les chaînes (françaises) le diffusent ».

Francis Gillot, qui a entraîné le Shangaï Greenland Shenhua la saison dernière, indiquait dans une récente interview pour agenfootball.fr:Il ne faut pas sous-estimer le niveau du championnat chinois. J’ai assisté à une quarantaine de matchs depuis le banc de touche et c’est très intense (…) Quand on connaît le foot, on se moque moins (…) Le champion de Chine serait derrière le PSG en France“.

2 – La Chinese Super League, des records de chiffres

Les Chinois se donnent les moyens de leurs ambitions : selon le site spécialisé Transfermarkt, les clubs de D1 chinoise ont dépensé 258,9 millions d’euros lors de ce marché des transferts, soit plus que les Anglais (247,3 millions), leaders européens. Les Français, eux, frôlent le ridicule avec leur 27,9 millions d’euros d’achat de joueurs… Les salaires proposés en Chine donnent aussi le tournis. Tout cela étant rendu possible par la présence de grands groupes nationaux dans les clubs, comme le géant Alibaba (Guangzhou Evergrande) ou la chaîne hôtelière Greenland (Shanghaï Shenhua).

Pour séduire le monde du foot, la Chine s’active aussi sur la scène européenne. Pour rappel, le milliardaire Wang Jianlin a investi dans la capital de l’Atlético de Madrid à hauteur de 20% en déboursant 40 millions d’euros et des investisseurs chinois ont acheté 13% du club de Manchester City pour 375 millions d’euros. Sur le sol français, Peugeot Citroën a confirmé la cession à 100% du FC Sochaux au groupe Ledus.

Le but ultime pour les Chinois ? Organiser la coupe du Monde, le rêve de Xi Jinping. Le président chinois est un grand fan de foot, supporter de Manchester United. En 2015, il s’est rendu en Angleterre afin de visiter les installations du club mancunien. Il a désormais pour objectif d’attirer tous les regards en organisant un événement de taille mondiale sur le sol national. Après tout, pourquoi le Qatar et pas la Chine ?

3 – La Chinese Super League, un business florissant pour les clubs européens

Ce lundi 8 février marque le Nouvel an chinois. 2016 est donc l’année du singe et du feu pour les Chinois. Vous l’auriez su si vous aviez jeté un œil au match AS Roma-Sampdoria Gênes dimanche soir. Le club romain, toujours sans sponsor sur son maillot principal cette saison, a affiché un message en mandarin sur sa tenue officielle : « Le singe doré apporte chance et bonheur ». Mais ce n’est pas tout : Francesco Totti a aussi enregistré une vidéo en anglais et en chinois, diffusée sur les antennes de CCTV, afin de présenter ses vœux au peuple chinois. En parallèle, la Juventus a annoncé avoir ouvert un compte officiel sur le réseau social WeChat, lancé par le géant chinois Tencent Holdings Limited.

La direction d’Arsenal a également officialisé en début de semaine la signature d’un nouvel accord avec le groupe télévisuel  chinois CCTV Sports. Arsenal pourra ainsi exposer des moments de la vie du club à une heure de grande écoute. Une exposition médiatique qui devrait accentuer le poids commercial du club londonien en Chine. « La Premier League est la compétition la plus populaire en Chine. Le président Xi avait indiqué lors de sa visite d’Etat au Royaume-Uni qu’Arsenal possédait une importante communauté de fans en Chine. Je pense que cet accord favorisera le développement du football en Chine tout en apportant une forte plus-value à nos programmes », a indiqué Jiang Heping, directeur des programmes de Total Soccer.

De son côté, le directeur général de Manchester United, Richard Arnold, a annoncé la conclusion d’un accord de sponsoring régional pluriannuel avec la société indonésienne de boissons isotoniques YOU.C1000. La firme indonésienne pourra utiliser l’image des Red Devils dans ses prochaines campagnes publicitaires à destination du marché indonésien.

Le but de ces démarches ? Susciter l’engagement des fans chinois et accroître la notoriété des clubs en Chine. Un nouveau moyen de renforcer l’attractivité commerciale des clubs…

Alors, que pensez-vous de l’essor de la Chinese Super League ?

Vous pensez que la Chine est le nouvel eldorado des footballeurs ? Ou qu’il s’agit juste d’un effet de mode et que le soufflé retombera bientôt ? Ou au contraire, vous croyez que la Chinese Super League peut dépasser la MLS ?

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